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Mizik lokal : Di-Panda

C’est sur le thème de la musique locale que j’aborde ce nouvel article.
 
A La Réunion, on va dire que je différencie plusieurs styles musicaux, mais pas classés par genre :
  • la musique à l’ancienne : rap, ragga, maloya ou séga, ces chansons que l’on aime et qu’on a toujours aimé, qui ont fait partie de notre vie et sur lesquelles on ne se questionne pas. Vous voyez ? Ces chansons qu’on prend plaisir à écouter lors des ” festin en famy ” !
  • la musique actuelle : une nouvelle vague. Que ça soit en séga, en ” dancehall ” ou autre, on ne peut que constater que la musique réunionnaise a changé. Et on a plusieurs écoles : la musique actuelle commerciale ( beaucoup plus présente qu’auparavant ) , et la musique consciente.
 
Aujourd’hui, je viens vous parler de musique consciente, en particulier d’un artiste que je suis déjà depuis un moment : Di-Panda.
Vous l’avez peut-être connu à l’époque sous le nom de Loriginal, avec entre autres, son titre ” J’entends des sons ” et sa participation à ” Pchi Gloo Haa ” avec les B.Girls. Désormais, sa musique n’est plus vraiment classable : il vogue entre le rap, la dancehall, le reggae ou encore le maloya. Une fusion des genres qui lui permet de se créer une réelle identité musicale.
 
Après avoir arpenté les Sound System dans les années 2000, l’artiste a pris un virage a 90° et nous a présenté en 2015 son premier album : Polyvalence( avec son titre le plus connu ” A deux ” ). Il est revenu l’an dernier avec un EP nommé BiPolaire ( avec son titre phare ” Je ne suis qu’un Homme” ) et depuis, il bat le plancher des scènes locales avec ses équipiers : DJ OneMat ( aux platines ), Emana ( choeurs ) et bien sûr le No Name Clan ( Giovanni Velleyen au piano, Rwan Dalleau à la batterie, Julien Cadet à la basse et David Hamet à la guitare ).
Pour nous permettre de le connaître un peu mieux, l’artiste a accepté de répondre à quelques questions pour le mag et ses lecteurs :
 
Jee : Avant de se chanter, la musique s’écrit. Comment as-tu pris goût à l’écriture et qu’est-ce qui t’as permis d’évoluer là dedans ?
Di-Panda : Les belles phrases envoûtent. Les artistes de l’époque aimaient les textes. Chaque mot à une définition bien précise, il faut savoir les utiliser, pour que le message arrive à destination. Les artistes à texte sont les poètes d’aujourd’hui. Si l’appétit viens en mangeant, l’amour de l’écriture viens bouquinant.
J : Comment t’es venu cet amour pour la musique ?
DP : J’ai grandi chez ma grand mère. Mon oncle est un membre actif du Kreol Staya ( les connaisseurs de la musique locale savent de quel collectif je parle ). J’ai découvert la musique urbaine grâce à lui… Et avec le temps j’ai découvert d’autres styles.
J : Ta musique a vraiment changé. Qu’est-ce qui t’as fait t’ouvrir à autre chose que la dancehall ?
DP : Je vais te donner un exemple concret : VYBZ KARTEL ( aka World boss ) est arrivé avec un style propre à lui. Ses vibes, son flow… Mais ce qu’il faut savoir… c’est qu’il chante faux ! La dancehall est et restera mon first love. Mais la musique est bien plus vaste et enrichissante qu’un style en particulier. Je pense que c’est une histoire d’ouverture d’esprit. Et il faut savoir prendre des risques pour connaître ses réelles capacités !

J : Si tu devais nous citer des influences, locales et extérieures ?
DP : Anderson Paak, Jorja Smith, Pierpoljak, Beres Hammond, Youssoupha, Filosofia Reggae, Éric Triton, Fabrice Legros, James, Danyel Waro, Lindigo, Gramoune Lele, Tarrus Riley, James Brown, Kool and the gang… Trop d’artistes à citer.
J : Pourquoi as-tu eu envie de faire appel à des musiciens pour les lives ? Les as-tu facilement trouvé ?
DP : Ici à la Réunion, j’ai l’impression qu’un live c’est la finalité, l’apogée d’un artiste… Moi je le vois plus comme un début depuis que je joue en live. C’est une façon de montrer que je suis réellement un artiste. Mais c’est aussi parce que c’est sous cette forme que la musique prend encore tout son sens. Plusieurs talents réunis sur une scène pour un seul et unique live. Les musiciens sont des acteurs indispensable en concert… Bien plus importants que le leader. L’artiste est aussi un musicien. Et c’est la fanfar à l’unisson qui donne un tel résultat. Des musiciens il y en a dans chaque ville, on a fait un peu le tour. Des bons, des moins bons… Mais aussi des cons et des super cons ! Le No Name Clan reste un groupe d’humains avant d’être un groupe de musiciens. On s’entend bien, on arrive à se dire les choses. Il y a une transparence qui fait qu’on peut éviter de pseudo-conflits de malentendus. Idées, musique, argent tout est mis sur la table afin que tout se déroule correctement, avec franchise.
J : Un point un peu plus personnel : qu’est-ce que tu aimes d’autre, dans la vie ?
DP : De manière générale, je dirai que j’aime la vie. Le sport, les randos, les moment simples que la vie peut m’offrir. Le bonheur est souvent au pied de notre porte. Du coup j’évite de perde mon temps : j’investis dans les bons moments pour pouvoir en vivre d’autres.
J : Pour finir, un message à faire passer au public réunionnais ?
DP : N’attendez pas notre mort pour dire ” Ôté, bana té in bon group sa ! ” ( lol )
 
 
Avec ces quelques mots, nous pouvons mieux nous rendre compte des valeurs de l’artiste : honnêteté, respect, amour et positivité malgré les aléas de la vie, que le titre ci-dessus illustre parfaitement :

                                                                                                                                                                                 Jee Vibes

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